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Au calendrier des oiseaux
le printemps approchait
L'air était glacial et bleu
Février mettait ses sabots de glace
pour enterrer l'hiver
et danser Carnaval
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Derrière les masques hilares
dissimuler les angoisses
retenir les derniers rêves
D'aucuns cloueraient des ex-votos
pour demander un monde meilleur
Ce n'était qu'aveu d'impuissance
J'aurais aimé être chat ou mésange
ou cet arbre, là, qui préparait
ses bourgeons mais chez nous aussi
il y aurait bientôt un petit à veiller
une rude tâche l'attend
© lucie petit - inédit - févr.2012
ill. 1 photo lp -- 2 Autoportrait de James Ensor
Et [Dieu] j'ai dit à Noé
-- comme je peux le dire à tout homme :
-- Fais entrer dans ton cœur toute chair de ce qui est au monde pour le conserver en vie avec toi
-- et j'établirai mon alliance avec toi
Jean Giono - Fragments d'un "Déluge" - préface à Noé
--- - Maman, j'ai peur du noir
------------------- laisse une lumière allumée -
Janvier maussade tape dans les paquets de vœux soldés.
Il a la gueule d'hiver et bouscule les oiseaux.
Le Palais des Soucis a rouvert ses portes.

Il faudra surveiller les jeunes pousses,
faire un toit de mains chaudes,
décrocher la lune.
Il faudra rebobiner à l'envers,
retrouver la maille où le cœur a lâché
et là,
retricoter un pull pour la barque à Noé.
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© Lucie Petit - inédit - janvier 2012 - photos lp

Ce soir, j'ai l'âme à la tendresse
tendre - tendre
douce - douce
Ce soir, j'ai l'âme à la tendresse
tendre - tendre
douce - douce
Tresser avec vous ce lien et cette délicatesse
Vous, mes amis d'hier et d'aujourd'hui
Cette amitié dans la continuité
Un mot, un regard, un silence, un sourire, une lettre
Ce soir, j'ai l'âme à la tendresse
tendre - tendre
douce - douce
[ ... ]
Paroles Pauline Julien - musique François Dompierre
à tous mes lecteurs
fidèles
et infidèles
je souhaite d' HEUREUSES FÊTES
en cette fin d'année
Vous qui parcourez mes pages régulièrement, de Belgique, de France, du Canada, des Etats Unis, et d'ailleurs (je le sais, XITI me l'a soufflé ) , faites-moi plaisir en déposant un petit mot ICI . Un simple signe de connaissance
. Merci à vous de votre intérêt au jour le jour ...
J' peux pas être St. Nicolas,
ressusciter les enfants du saloir,
mettre un tas de cadeaux dans tes bottes.
Je te donnerai une orange,
nous nous mettrons en boule
comme deux hérissons
sous la couette, au balcon,
à regarder les étoiles et le Chariot.
Et si y a pas d'étoiles,
nous écouterons chanter les ânes.
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J' peux pas être le Père Noël,
distribuer à tous des petits pains de paix,
mettre des lumières partout.
J'allumerai une bougie,
te promettrai le printemps en hiver.
Nous serons blottis près du feu
comme deux oiseaux ébouriffés
à écouter tomber la neige.
Nous inventerons un coin bleu,
pour y aller, faut des ailes.
il est dans ce paquet, là, avec un ruban rouge.
c'est marqué TOI parce que c'est réciproque.
© texte de Lucie Petit - inédit - 1er déc. 2011
-- les Oiseaux sont de Bobi&Bobi - 2006 - son blog

Sous les ors et les pourpres
Novembre voit l'été en son miroir
soleil tapant
remisés les brumes et les brouillards
ne crois pas ça !
les fantômes à tête de citrouille
frappent à nos fenêtres
et réveillent nos morts
c'est grimace à la grenouille
ne crois pas ça !
demain sera la vie
le faire et le défaire
un point sur la spirale
qui serait couleur ciel
d'arc-en-ciel
lp
© lucie Petit - inédit 4 nov. 2011

on a déjà oublié l'été et ses échappées belles
on a déjà oublié le soleil tirant à gros boulets
sur l'automne pour l'empêcher d'avancer
c'était la dernière bataille et les arbres
balançant entre vert et feuilles brûlées
lâchaient leurs fruits avec un petit bruit
de tir isolé
tu te dis que le printemps reviendra
après l'automne après l'hiver
tu rassembles la paille et les roses
tu appelles le chien
le houx est bien rouge cette année
un cœur tape à ta fenêtre pour s'abriter
du froid à venir sous ton manteau
trouveras-tu assez de folies dans
tes poches pour lui apprendre à voler ?
© texte et photo lucie petit - inédit - octobre 2011

À peine une touche de jaune et de rouille,
des roues bruyantes qui se dépêchent,
le soleil qui s'ensommeille,
un frisson à la brune.
c'est la rentrée
Des oies se mettent en rang d'école
dans un grand désordre
de cris et de cartables.
Première leçon : orientation.
c'est la rentrée
d'autres s'en vont
Noisettes et glands bombardent,
trois sauts d'écureuil,
les autres cigalent encore
mais la terre sent plus fort.
c'est la rentrée
rien n'alarme
juste un soupçon,
une vague inquiétude.
Les plantes se mettent à fruits.
Se prépare une mission de survie.
© texte et photo Lucie Petit - sept. 2011 - inédit

C'est l'été, il pleut.
Il y a toujours quelqu'un pour laper la flaque.
À la radio, chaque jour, il pleut à seaux.
Sous la rouille, l'humanité craque.
Il bleu,
bleu vert, bleu ciel, bleu ferraille.
Dans les yeux, les oreilles.
Fragile.
Imaginez :
une seconde de bleu.
Laissez fondre sous la langue.
crédit photographique : Boris Pasmonkov - blog
© Lucie Petit - inédit - 2 août 2011
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pour beaucoup, partir en vacances c'est ça :
emporter son chez-soi et s'assurer du retour
en prenant les mesures
...
des autres, on dit qu'ils partent à l'aventure
...
© lucie petit - texte et photo - 2006
j'ai eu envie de tirer cette petite note de l'oubli du Tome 1 - j'espère que ce clin d'œil vous sourira ...

j'ouvre l'armoire des mois de juin :
crème panachée fraise et cerise,
leçons mal apprises,
regrets en robe de soleil,
promesses d'été à venir.
à la distribution des prix
j'espérais un poisson d'or
répondant au nom de Médor.
je recevais des mots-baleines
qui éclataient d'un coup d'épine.
les dés sont jetés,
le parfum du tilleul n'y changera rien :
le passé est un rêve,
juste une boule de glace vanille.
© Lucie Petit - inédit - juin 2011

Aujourd'hui, le vent chasse les pétales de printemps
fabriqués à la hâte.
Il y mêle des mouches et du soleil et nous jette cette poudre aux yeux
qui nous ferait oublier les problèmes
semés dans les champs du monde.
Ces problèmes qui commencent à pousser avec un bruit de moteurs,
de ferraille, avec des barrissements et des coups de cymbales,
et le chien des voisins qui n'arrête pas d'aboyer.
Demain, il faudra arracher pour ne pas se cogner
aux baobabs à pointes dans le brouillard.
Le soir, on regardera par le trou d'une étoile,
en demandant au vent de se tenir tranquille.
Peut-être, qu'en fermant les yeux,
on verra encore un coin de ce damned wonderful world ?
© Lucie Petit - inédit - mai 2011

le ciel se fait bleu
il y a comme un frisson de soie dans l'air frais
les notes d'une sonate de Mozart,
la vivacité des mésanges
en quête d'une graine à casser :
c'est la même fragilité pérenne
qui tente d'écarter les rumeurs sombres
qui nous viennent du monde
un gros bourdon, encore abasourdi,
tourne autour de moi,
ajoutant sa basse paisible à la musique de la vie
tant qu'on écoutera Mozart ...
© Lucie Petit - inédit - 4 avril 2011

l'hiver verse ses derniers gris dans l'eau lente d'un canal
le froid colle encore à la peau
mais un frémissement têtu parcourt les herbes des berges
des couleurs se faufilent
des chants et des odeurs subtiles
se rejoignent et s'appellent
comme une légère ivresse
une envie d'escapade et de bleu
agite les branches
détache les dernières feuilles
il est temps de rendre sa chance à la vie
et grand-mère, qui revient du jardin, pose
une poignée de terre noire sur la table :
elle est à point ... faudra commencer les semis
© lucie petit - photo + texte - inédit - 3 mars 2011

------------- © Anne d'Huart - photographe
J'ouvre ici le Tome 2 de mon chemin de mots.
Il se poursuivra dans les bois et les prés, avec
des coups de cœur, des coups de cafard
et des coups de pied.
Sans doute un peu plus usé, un peu plus fatigué
mais j'espère qu'il passera encore les petits ponts de bois,
souriant aux rainettes, aux oiseaux,
aux nuages qui s'effilochent.
J'aimerais aussi retrouver ces cailloux ronds et lisses,
tout chauds des mains amies qui les ont déposés.