Philippe Leuckx
27/06/07 23:13
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ex -- le fraudeur de poèmes
éd. Tétras Lyre - 1996
illustration : Daniel SLUSE
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1
La frontière qu'on sent
Proche comme un frôlement de soie
S'incurve entre des arbres
C'est là qu'il faut puiser
Une éternelle patience
Ramener sur soi
Le vêtement du vent.
2
Ce n'est qu'une colline basse
Avec pour maison un nid de vieux corbeaux
Qui guettent aux portières.
3
Nous sépare la redevance d'un sol
Autrefois partagé
Avec un frère d'abîmes
Perdu dans les brouillards
D'une douane invisible.
Karel Logist
24/06/07 17:02
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ex ---- Si tu me disais viens - et autres poèmes
éd. Ercée - 2007
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Tu te souviens
d'avoir tenu un œil de verre
toute une journée
caché dans ta bouche
Tu te rappelles avoir dansé aussi
avec un poisson sur l'épaule
à travers de longues nuits blanches
À présent
tu te sens chez toi dans tout espace
dont tes yeux ont soif
où grandit ton irrésistible
besoin de tendresse
ton besoin d'en donner
de recevoir encore
d'ici, d'ailleurs et sans mesure
la promesse de moments de douceur
Tout ce que tu possèdes tient
dans cette main d'enfant
serrée dans la tienne
S'il pleut, elle voudra jouer
à qui-mouille-l'œil
des gouttes, des larmes ou du rire
Pour que tu joues aussi, il faudrait des nuages
René Char
15/06/07 17:09
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Spectacle d'ouverture du Festival international & Marché de Poésie à Namur (du mercredi 13 au dimanche 17 juin 2007) :
Bouts d'existence
Textes de René CHAR
Réalisation et interprétation de Brigitte Deruy
Coproduction : Entre Terre et Ciel et Ludmila Production
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Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que, ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l'unité.
Comment montrer sans les trahir les choses simples dessinées entre le crépuscule et le ciel ?
Un poète doit laisser des traces sur son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.
La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.
Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.
Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n'avoir pas de fruits.
Regarder la nuit battue à mort ; continuer à nous suffire en elle.
Dans la nuit, le poète, le drame et la nature ne font qu'un, mais en montée et s'aspirant.
La nuit s'affilie à n'importe quelle instance de la vie disposée à finir en printemps, à voler par tempête.
Nous n'avons qu'une ressouce avec la mort : faire de l'art avant elle.
Ce n'est pas l'estomac qui réclame la soupe bien chaude, c'est le cœur.
petit écho sur le beau spectacle : une femme seule en scène, tout de blanc vêtue, un décor simplifié, avec des projections de dessins (très simples aussi) sur un écran -
jeux de lumières - deux voix qui se répondent, l'une sur scène, l'autre enregistrée ...
simplement on a envie parfois d'arrêter les textes pour pouvoir les relire ...
Jean-Claude Pirotte
04/06/07 18:49
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ex-- Hollande Poèmes et peintures
éd. le cherche midi - 2007
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nous marchons sur les plages blanches
où l'écume et la neige fondent
sur le sable, dimanche
a des ciels comme des semaines
et les enfants rouges qui aiment
les ballons plus ronds que le monde
écoutent monter la marée
très loin dans la brume les îles
voyagent au large des villes
et le promeneur qui ne sait
parler qu'aux fantômes songe
au pays où le temps s'arrête