þÿ<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"> <head> <meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1" /> <meta name="generator" content="RapidWeaver" /> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../rw_common/themes/benchdesignfree/styles.css" /><link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../rw_common/themes/benchdesignfree/css/sidebar/sidebar_right.css" /><link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../rw_common/themes/benchdesignfree/css/colors/yellow.css" /><link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../rw_common/themes/benchdesignfree/css/width/width_default.css" /><style type="text/css" media="all"></style><script type="text/javascript" src="../../rw_common/themes/benchdesignfree/javascript.js"></script><script type="text/javascript" language="JavaScript"></script> <title>nov. 2008</title> </head> <body class="blog-archive-background"> <div class="blog-archive-headings-wrapper"> <div class="blog-archive-month">nov. 2008</div> <div class="blog-archive-link"><a href="../page11.html">RENCONTRES</a> | <a href="archive-19.html">d&eacute;c. 2008</a> | <a href="archive-16.html">sept. 2008</a></div> </div> <div class="blog-archive-entries-wrapper"> <div id="unique-entry-id-40" class="blog-entry"><div class="blog-entry-title">Gis&egrave;le Bienne</div><div class="blog-entry-date">15/11/08 19:35 <span class="blog-entry-category"> | <a href="category-2.html">cueillette</a></span><span class="blog-entry-permalink"> | <a href="c84252970206881f3b19f7ed2950f1e8-40.html">permalien</a></span></div><div class="blog-entry-body"><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;"><br /><br /></span><span style="font:24px Trebuchet, Verdana, serif; font-weight:bold; color:#00007e;"><em>la Ferme de Navarin<br /></em></span><span style="font:17px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"><br /></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">collection L'Un et L'Autre aux &eacute;d. Gallimard - 2008<br /><br /><br /></span> <span style="color:#ffffff;">---------------</span> <img class="imageStyle" alt="Cendrars:Bienne" src="page11_blog_entry40_1.jpg"width="237" height="400"/><br /><br /><br /><span style="font:12px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">Gis&egrave;le Bienne nous emm&egrave;ne sur les traces de Blaise Cendrars en prenant comme point de d&eacute;part sa participation &agrave; la Guerre 1914-1918, au cours de laquelle il a perdu un bras et la plupart de ses esp&eacute;rances.</span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"> <br /><br />" Je suis toujours dans le d&eacute;partement de la Marne et je cherche la ferme de Navarin.<br />Les croix des cimeti&egrave;res convergent au loin sur le ciel vide. Des champs de croix, plusieurs champs. Ici, nous sommes presque &agrave; mi-distance de la Somme et de Verdun. Je gare la voiture le long d'un champ sous un cerisier et, apr&egrave;s avoir &agrave; nouveau consult&eacute; la carte, je franchis des talus et coupe au court pendant que Blaise me souffle &agrave; l'oreille : " N'aie pas peur de marcher dans les t&eacute;n&egrave;bres ou de glisser dans du sang. / On ne sait jamais ce que l'on fait, on ne sait jamais o&ugrave; l'on va. / La vie est dangereuse. " G.B. </span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#ffffff;">----</span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"> </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">(rabat de couverture)<br /><br /><br /></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">" entre Reims et Ch&acirc;lons-en-Champagne j'ai quitt&eacute; la nationale pour prendre la direction de Sainte-Menehould aux portes de l'Argonne. Voil&agrave; quelques ann&eacute;es d&eacute;j&agrave; que je sillonne la plaine en m'arr&ecirc;tant ici ou l&agrave; sur la ligne de l'ancien front. Par centaines de milliers, des hommes y ont laiss&eacute; leur vie. Sur les croix ou les st&egrave;les des cimeti&egrave;res militaires, on peut lire leur nom ainsi que leurs dates de naissance et de mort, mais un certain nombre d'entre eux n'ont pas de s&eacute;pulture ; ils ne sont nulle part ou, plut&ocirc;t, ils se trouvent partout dans la plaine et nous roulons sur eux. Retir&eacute;s dans le </span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"><em>no man's land </em></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">d'une r&eacute;gion humide et froide, ils ne font pas de bruit, ils sont dans la trappe de l'Histoire, au fond des champs de bl&eacute; et de betteraves. On les y a laiss&eacute;s. "<br />...<br />" J'ai douze ans. Je grandis dans un village de l'Aube, dans la myst&eacute;rieuse maison de mon p&egrave;re. Un apr&egrave;s-midi d'&eacute;t&eacute;, bravant les interdictions, je me rends dans son ancien colombier. C'est l&agrave; que tout a commenc&eacute;, quand j'essayais de ramener &agrave; la lumi&egrave;re de la lucarne des restes d'habits cuits par la poussi&egrave;re et la chaleur. On avait engrang&eacute; l&agrave;-haut ce qu'on oserait jamais jeter, l'uniforme du grand-oncle lieutenant, "disparu" quand il d&eacute;fendait le ch&acirc;teau de Grisvesnes pr&egrave;s de Montdidier et que les Allemands en mars 1918 regagnaient du terrain, mais en bas on conservait pr&eacute;cieusement la m&eacute;daille de la L&eacute;gion d'honneur qui lui avait &eacute;t&eacute; remise &agrave; titre posthume avec les citations, et que je d&eacute;tiens aujourd'hui. Je palpais les robes de sa jeune femme, morte peu de temps apr&egrave;s lui. Il y avait aussi, parmi des meubles ab&icirc;m&eacute;s, une ombrelle, des cahiers, quelques livres, des perles de couronnes mortuaires, deux ou trois chapeaux &agrave; voilette, une glace ternie, des chaussures et des tasses &agrave; caf&eacute;. Du c&ocirc;t&eacute; paternel, la Premi&egrave;re Guerre avait fait beaucoup de morts et tout ce qui se rattachait &agrave; leur histoire s'amoncelait dans cet endroit particulier o&ugrave; personne, &agrave; part mon p&egrave;re, n'avait le droit de se rendre. "<br />...<br />" J'ai rejoint la d&eacute;partementale 977 entre Suippes et Sommepy et j'aper&ccedil;ois le dos d'une pancarte. Je m'en approche, lis son indication :<br /></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"><em>ICI FUT LA FERME DE NAVARIN<br /></em></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">Ce que je cherchais se trouve contenu dans le cadre &eacute;troit d'un panneau, lettres blanches sur fond bleu :</span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"><em> ICI FUT</em></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"> ... un pass&eacute; simple qui me cause un dr&ocirc;le d'effet, j'ai alors une pens&eacute;e pour Yves Gibeau. "<br />...<br />Il est encore jeune, Cendrars, quand il arrive en Champagne apr&egrave;s avoir combattu pendant une ann&eacute;e dans la Somme, il a vingt-huit ans."<br /><br /><br /></span><span style="font:12px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;">Livre int&eacute;ressant &agrave; lire en ce moment o&ugrave; on nous plonge dans la Guerre 14-18, documentaires, films, livres, &eacute;missions diverses. Il nous donne &agrave; voir &agrave; la fois le c&ocirc;t&eacute; universel de cette guerre absurde et le c&ocirc;t&eacute; intime, je dirais "priv&eacute;". On y sent &eacute;galement la v&eacute;ritable passion de l'auteure pour Blaise Cendrars et son oeuvre. Il ne s'agit donc pas d'une biographie distanci&eacute;e mais bien d'une v&eacute;ritable rencontre humaine et subjective. C'est ce qui en fait l'attrait.</span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"><br /><br /><br /></span><span style="font:14px Trebuchet, Verdana, serif; color:#00007e;"> </span></div></div><div id="unique-entry-id-39" class="blog-entry"><div class="blog-entry-title">Mathias Malzieu</div><div class="blog-entry-date">09/11/08 15:26 <span class="blog-entry-category"> | <a href="category-2.html">cueillette</a></span><span class="blog-entry-permalink"> | <a href="a286efbbc47ebf7c563556d50f8637ae-39.html">permalien</a></span></div><div class="blog-entry-body"><span style="font:17px Trebuchet, Verdana, serif; color:#295300;"><br /></span><span style="font:21px Trebuchet, Verdana, serif; font-weight:bold; color:#333333;"><em>la M&eacute;canique du C&oelig;ur </em></span><span style="font:21px 'Lucida Grande', LucidaGrande, Verdana, sans-serif; font-weight:bold; color:#333333;">%Ï</span><span style="font:22px Trebuchet, Verdana, serif; font-weight:bold; color:#333333;"><em> </em></span><span style="font:15px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;">roman<br /><br /></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;">&eacute;d. Flammarion 2007<br /></span><br /><br /><span style="color:#ffffff;">-- --</span> <img class="imageStyle" alt="Malzieu" src="page11_blog_entry39_1.jpg"width="310" height="500"/><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;"><br /><br /><br />Edimbourg 1874. Jack na&icirc;t le jour le plus froid du monde et son coeur en reste gel&eacute;. Mi-sorci&egrave;re mi-chaman, la sage-femme qui aide &agrave; l'accouchement parvient &agrave; sauver le nourrisson en rempla&ccedil;ant le coeur d&eacute;fectueux par une horloge ...<br /><br /></span><span style="font:15px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;">" Il neige sur Edimbourg en ce 16 avril 1874. Un froid de canard paranormal cadenasse la ville. Les vieux sp&eacute;culent, il pourrait s'agir du jour le plus froid du monde. &Agrave; croire que le soleil a disparu pour toujours. Le vent est coupant, les flocons plus l&eacute;gers que l'air. BLANC ! BLANC ! BLANC ! Explosion sourde. On ne voit plus que &ccedil;a. Les maisons font penser &agrave; des locomotives &agrave; vapeur, la fum&eacute;e gris&acirc;tre qu'exhalent leurs chemin&eacute;es fait p&eacute;tiller un ciel d'acier.<br /><br />Edimbourg et ses rues escarp&eacute;es se m&eacute;tamorphosent. Les fontaines se changent une &agrave; une en bouquets de glace. L'ancienne rivi&egrave;re, habituellement si s&eacute;rieuse dans son r&ocirc;le de rivi&egrave;re, s'est d&eacute;guis&eacute;e en lac de sucre glace qui s'&eacute;tend jusqu'&agrave; la mer. Le fracas du ressac sonne comme des vitres bris&eacute;es. Le givre fait des merveilles en pailletant le corps des chats. Les arbres ressemblent &agrave; de grosses f&eacute;es en chemise de nuit blanche qui &eacute;tirent leurs branches, b&acirc;illent &agrave; la lune et regardent les cal&egrave;ches d&eacute;raper sur une patinoire de pav&eacute;s. Le froid est tel que les oiseaux g&egrave;lent en plein vol avant de s'&eacute;craser au sol. Le bruit qu'ils font dans leur chute est incroyablement doux pour un bruit de mort.<br />C'est le jour le plus froid du monde. C'est aujourd'hui que je m'appr&ecirc;te &agrave; na&icirc;tre. "<br />...<br /><br /></span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;">incipit<br /><br /><br /><br /></span><span style="font:13px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;">Conte de f&eacute;e moderne &agrave; la mani&egrave;re de Tim Burton, conte tendre et d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;. De la po&eacute;sie, de l'humour, de l'invention.<br /><br />La fin m'a un peu d&eacute;&ccedil;ue, l'impression que quelque chose manque, comme lorsque moi-m&ecirc;me j'&eacute;cris des contes ... Peut-&ecirc;tre que les contes ne devraient pas avoir de fin ... ?<br /><br />...<br /></span><span style="font:15px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;">" quand les adultes s'en m&ecirc;lent, un nouveau seuil de laideur est toujours franchi. "<br /><br />... </span><span style="font:11px Trebuchet, Verdana, serif; color:#333333;"> (p. 46)<br /><br /><br /></span></div></div> </div> </body> </html>