
céramique de Mireille Clerebout
il faudra bien, un jour,
que ce chemin indécis sorte des fourrés hérissés.
ma lampe est trop faible et les mains qui se tendent sont vagabondes.
il faudra bien, un jour,
que le corbeau cesse de se poser sur ma tête.
son cri lugubre empêche la joie de s'effeuiller,
son aile n'est pas une couronne à ma taille.
les arbres qui marchent à pas lourds, secouent leurs feuilles sur mes traces.
mes souvenirs ont de la peine à pousser. ceux qui auraient pu lier les gerbes
avec moi, ne m'ont laissé que des miroirs.
il y fait sombre et froid.
crois-tu que le rouge-gorge chante encore ?
© Lucie Petit - inédit - nov. 2005