rien à dire

--------------- 1858.mur


il y a des jours où les mots s'enterrent -- des jours où un mur de tristesse et
d'impuissance semble occuper tout l'espace
-jusqu'à la fin -- tu penses une
tristesse à couper au couteau
-- une lime -un canif -les doigts -les dents
(le marteau-pic t'échapperait des mains)
-- un caillou le jour de ta naissance
il grandit avec toi presque tendrement
-avec des photos -des bouts de mots
des étonnements
-jusqu'à ce bloc qui ferme le regard






les arbres ont pris la fuite
-- la boîte aux lettres est remplie de sable -- tu
sais le temps
-le silence -à l'intérieur de toi le rassemblement des armes -les
ruses
-- lancer des rires au plus haut des mots -des faire-semblant -des mine-
de-rien
-- chercher la fissure -le judas minuscule entre deux herbes au pied
du mur
-- forcer une faiblesse qui rappellera l'écho -- des oiseaux répondront
il y aura des lucarnes avec éclaircies
-- c'est drôle comme le monde continue
de tourner
-et le soleil






©
lucie petit - inédit - févr.2010
c'était (ou ce sera) un autre jour ...