
les morts ne sont plus là,
c'est vrai
mais pas ailleurs non plus
les morts sont cet ailleurs absent qui prend toute la place
cette absence d'ailleurs qui emmure le texte en lui-même
tellement même qu'il se tait
et les amis perdus ...
petit séisme sans histoire, qui ne touche que moi,
et que rien ne console, que le temps ne console pas,
puisqu'il n'a pas d'histoire.
l'amitié perdue,
elle a toujours été déjà perdue
toute amitié au monde s'engouffre dans la faille
où poser ma main pour écrire ?
seuls quelques mots, ailleurs absent, petit séisme sans histoire,
quelques mots seuls me parlent, d'abord rafale, puis pulsation,
début d'espace-temps, respiration.
je vous écris, ailleurs absent, petit séisme sans histoire,
je vous écris à vous, ces quelques mots,
à
vous
qui
me
parlez.
Cécile Clozel - le long du pré - K éditions 2002
adolescent à l'humeur sauvage
il pique d'ailes vertes
de fleurs aigrelettes
les arbres prenant leur envol
dans un ciel moucheté
bleu
gris de plomb
blanc de glace
éperdu d'oiseaux fragiles
© lp - ex le Temps se brode au point de saison - 2001
________ 
__________ photo lp - 07

Kipling

© lp - 2007
comme l'escargot tu portes ta coquille ___ à la fois arme et abri ___ tu parles peu ___ tu réponds aux questions mais pas à celles que je n'ose pas poser ___ tu avances obstinément avec des arrêts soudains où tu t'enroules tout serré dans ton passé si jeune et sombre
silence
puis ton sourire désarmé ___ et c'est toi qui m'entraînes ___ tu es précieux ___ l'escargot déroule sa spirale sans souci des clôtures et des pierres ___ il aime la pluie ___ il tâte le goût du vent ___ tu sais déjà qu'il faut oser la tendresse ___ il te faudra te dénouer ___ assouplir ton chemin ___ tu laisseras ta trace
à NG
© Lucie Petit - inédit - fév. 2007



