________________ Vieux Chemin du Poète
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© Albert Anker 1898
REMINISCENCES
Ce n'est pas tout d'écrire, il faut prendre des mesures.
Veiller au plus proche. Même un cheval peut s'y perdre.
On pourrait mesurer tout le poids du ciel dans l'abandon qu'un enfant offre au sommeil.
texte de Jean Monod extrait de la mesure des choses
Revue INCIDENCES n° 8 (Marseille)

© Boiry
Nos mois
seraient
moins gais
sans les
moineaux
______ Michel Besnier - illustrations de Boiry
______-le Verlan des oiseaux et autres jeux de plume
aux éd. MØTUS ce livre écrit "pour les oiseaux, les enfants et les adultes qui ont gardé une âme d'oiseau.


photo d'Elza Willems
(extrait ) description très sensuelle d'un orage
> "L'orage ! enfin l'orage", crie Maman Suzanne. Nous nous précipitons vers la fenêtre et recevons au visage la caresse brûlante du vent. L'Escaut, dont la marée haute se tend entre les berges, est parcouru d'un frisson, puis aussitôt des vagues amoureuses se soulèvent et retombent au rythme de la tempête. L'air frissonnant de désir colle son ventre contre le ventre de l'eau, et, torride comme le sang, il mord, là où vole l'écume. Entraînés par ce désir, des nuages épais montent, et l'ombre de plomb descend comme l'inconscience dans le corps du fleuve possédé par l'air. La tension douloureuse soulève l'eau de plus en plus, elle déferle sur ses bords puis se replie sur elle-même pour de nouveau bondir. L'ombre s'alourdit. Le vent pénètre l'eau, et tout à coup au moment où le désir devient insupportable, un immense éclair transperce le corps entier de la tempête, suivi d'autres et d'autres encore, et tout l'air et toute l'eau tremblent dans le fracas de l'orage.
Le grondement naît de l'est, gagne le zénith, s'étend, dévale les pentes de l'obscurité, frappe l'eau, rebondit vers le sud où il se perd. Le rythme de l'ouragan s'accélère encore, les vagues naissent et renaissent sur l'Escaut, intensément féminines en réponse au transpercement de l'orage. Brusquement, au paroxysme, la pluie s'écrase en martelant le fleuve. L'air au même instant fraîchit et se détend. Le corps de la tempête se relevant après l'étreinte, s'en va par bonds se cogner aux arbres et aux maisons. Mais l'eau continue à frémir en vagues profondes.
> ... / ...
Paul Willems (Anvers, 1912-1997) écrivain et fils de l'écrivain Marie Gevers, a été élevé dans le domaine enchanté de Missembourg, non loin d'Anvers, dont l'univers n'a cessé de l'imprégner. (domaine dont Marie Gévers a admirablement décrit le charme dans "Vie et mort d'un étang"). Romancier et dramaturge d'une grande originalité, que la comparaison avec Maeterlinck ou l'évidente filiation avec le romantisme allemand ne suffit pas à résumer. Il succéda à sa mère à l'Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique.