novembre
sa grisaille mouillée mange-lumière
ses pleurs en fleurs frissonnantes
les arbres se rassemblent -- recroquevillés sur une vie sourde
qu'ils protégeront encore et encore
tout se resserre -- s'enferme
la flûte s'engourdit -- le violon s'endort
tu écoutes la terre -- le doux battement d'une basse continue
tu pourrais te réchauffer au loin
tu pourrais enfoncer ici tes racines et résister
quelqu'un sourit et dit : je t'ai apporté une écharpe
tu allumes une bougie
tu te dis -- le soleil n'est pas mort
© lucie petit - nov. 08 - inédit
