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Apr 2011

se détacher


Des réflexions sur le temps qui passe, l'âge, la mémoire ...
Des citations. Des rires, des regrets, des grincements de dents. Des tristesses.
Des notes d'humeur, non pas à prétention philosophique, simplement le reflet d'un moment.


-- croquisfl.pre.dŽt


Vieillir
ce serait apprendre de jour en jour
à se détacher des choses,
avant que les choses se détachent de soi.
et tout va si vite ...

mais il reste toujours un tableau, un sourire à décrocher
une envie de danser.
on n'est jamais assez rapide.



texte lp - croquis Louis Petit - nov.2010


Nicolas Bouvier


----- Bouvier:Vernet


Des réflexions sur le temps qui passe, l'âge, la mémoire ...
Des citations. Des rires, des regrets, des grincements de dents. Des tristesses.
Des notes d'humeur, non pas à prétention philosophique, simplement le reflet d'un moment.

Ceci, extrait de l'Usage du Monde de Nicolas Bouvier
Ecrit six ans plus tard.

-- Forer à travers cette indifférence qui abolit, qui défigure, qui tue, et retrouver l'entrain d'alors, les mouvements de l'esprit, la souplesse, les nuances, les moirures de la vie, le hasard riche, les musiques qui vous tombent dans l'oreille, la précieuse connivence avec les choses, et ce si grand plaisir qu'on y prend.
-- Au lieu de quoi : ce lieu désert qu'est devenue ma tête, la silencieuse corrosion de la mémoire, cette distraction perpétuelle qui n'est attention à rien d'autre (pas même à la plus ténue des voix intérieures), cette solitude imposée qui est un mensonge, ces compagnies qui en sont d'autres, ce travail qui n'est plus du travail et ces souvenirs qui ont séché sur pied comme si une malveillance toute puissante avait tranché leurs racines, me coupant, moi, de tant de choses aimables.

...
-- Ce jour-là, j'ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s'en trouverait changée. Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.


dessin de Thierry Vernet